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Lesson 122C1

Academic Writing

Rédaction académique

L'anglais académique valorise la prudence : les chercheurs anglophones évitent d'affirmer une conclusion de façon catégorique et préfèrent nuancer chaque résultat, alors que la tradition académique française, plus démonstrative, tolère des formulations plus tranchées. Cette leçon présente le vocabulaire et les tournures de l'anglais académique, avec une attention particulière à cette culture du hedging qui déroute souvent les francophones.

Grammar Comparison

Comparaison grammaticale

Le hedging : nuancer systématiquement ses affirmations

English

"These results may suggest that..." / "It could be argued that..." / "The data seem to indicate..."

French

« Ces résultats suggèrent que... » / « On peut soutenir que... » (souvent formulé de façon plus directe et affirmative en français)

Le hedging — l'art de nuancer systématiquement chaque affirmation — est une convention centrale de l'écrit académique anglais, en particulier dans les sciences, où l'on multiplie les modaux (may, could, might), les verbes d'apparence (seem, suggest, appear) et les quantificateurs prudents (relatively, somewhat) non pas par manque de conviction, mais précisément comme une marque de rigueur scientifique et d'humilité intellectuelle. Le français académique nuance lui aussi ses résultats, mais recourt plus facilement à des verbes directement affirmatifs et au conditionnel isolé pour marquer l'hypothèse, sans empiler autant de nuances successives dans une même phrase. Un francophone qui écrit en anglais avec la franchise directe qu'il emploierait en français risque de paraître trop sûr de lui, voire naïf, aux yeux d'un relecteur anglophone habitué à ce code ; il est donc souvent nécessaire d'ajouter délibérément un « may », un « seems to » ou un « tends to », même lorsqu'on est en réalité confiant dans son résultat, simplement parce que c'est la convention attendue du genre.

Un style plus verbal, moins nominal qu'en français

English

"We analyzed the data to determine whether X affects Y."

French

« L'analyse des données visait à déterminer si X a une incidence sur Y. »

Le français académique a une tendance bien connue à la nominalisation : transformer les verbes en noms abstraits placés en position de sujet (« la mise en œuvre », « l'analyse... visait à »), ce qui donne à la prose une texture dense et impersonnelle. L'anglais académique, même dans un registre soutenu, garde davantage de verbes conjugués et utilise plus volontiers un sujet explicite qui agit — « we », « this study », « the results » — plutôt qu'un nom abstrait qui reste inerte. Un francophone qui rédige en anglais a donc intérêt à « déplier » ses nominalisations habituelles en une structure sujet-verbe plus directe, sans craindre que cette clarté paraisse moins savante : au contraire, l'anglais académique valorise une prose plus concrète et plus lisible, alors que la même simplicité pourrait sembler insuffisamment soutenue dans un texte français équivalent.

Le "we" et le "I" : une première personne plus acceptée qu'on ne le croit

English

"We argue that this framework better explains the observed pattern." / "I contend that..."

French

« Cette étude soutient que... » / « On peut avancer que... » (le « je » et le « nous » restent traditionnellement plus rares dans l'écrit académique français)

L'anglais académique contemporain, en particulier dans les revues nord-américaines et en sciences humaines, a largement adopté l'emploi du « I » ou du « we » du chercheur, considéré comme une façon d'assumer clairement la responsabilité de ses affirmations plutôt que comme un manque de rigueur. La tradition académique française a longtemps préféré effacer la présence de l'auteur derrière le « on » impersonnel ou des tournures passives, une habitude que beaucoup de francophones transposent instinctivement en anglais en évitant le « I » et en multipliant les passifs (« it is argued that... »). Or, dans de nombreux contextes académiques anglophones actuels, un « I argue that... » direct se lit comme plus naturel et plus assuré qu'une construction passive alambiquée censée l'éviter ; les conventions varient cependant selon les disciplines et les revues, ce qui reste le seul repère fiable à vérifier avant de choisir son degré de retenue.

Vocabulary

Vocabulaire

hypothesishy-POTH-uh-sis
French
hypothèse
methodologymeth-uh-DOL-uh-jee
French
méthodologie
findingsFYND-ingz
French
résultats (d'une étude)
literature reviewLIT-er-uh-chur ree-VYOO
French
revue de la littérature
peer-reviewedpeer-ree-VYOOD
French
évalué par les pairs
abstract (noun)AB-strakt
French
résumé (d'un article)
citationsy-TAY-shun
French
citation, référence
empiricalem-PEER-ih-kul
French
empirique
corpusKOR-puhs
French
corpus
frameworkFRAYM-wurk
French
cadre théorique, cadre conceptuel
moreovermor-OH-ver
French
de plus, en outre
neverthelessnev-er-thuh-LES
French
néanmoins, toutefois